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kherrata ancienne ville d'algerie

Recueil des Notices et Mémoires de la

Société Archéologique de la Province de Constantine

RECUEIL DES NOTICES ET MEMOIRES DK LA PROVINCE DE CONSTANTINE

5e volume de la deuxième Série

1871-1872. - QUINZIEME VOLUME DE LA COLLECTION CONSTANTINE

L. ARNOLET, Libraire-éditeur, rue du Palais

BASTIDE, LIBRAIRE-ÉDITEUR

Place du Gouvernement

CHALLAMEL aîné. Éditeur

30, rue des Boulangers

1872

V- 1 5

UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARIES

RECUEIL DES NOTICES ET MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE

TYPOGRAPHIE L. ARNOLET.

RECUEIL DES NOTICES ET MÉMOIRES DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE

5e VOLUME DE LA DEUXIEME SERIE

1871-1872. - QUINZIEME VOLUME DE LA COLLECTION CONSTANTINE

L. ARNOLET, Libraire-éditeur, rue du Palais

BASTIDE, LIBRAIRE-ÉDITEUR Place du Gouvernement PARIS

CHALLAMEL aîné. Éditeur 30, rue des Boulangers

1872

Documents anciens

 

dépeignant la région de Kherrata envoyés

 

Dans sa description du pittoresque des gorges de Kherrata, Martial Rémond se laisse aller dans…

 

«Les mots sont impuissants à dépeindre la sauvage et grandiose harmonie de ces entassements de roches dont on ne voit ni la cime ni la base, perdues dans le même infini de cieux et de gouffres...

 

Il faut savoir s'arrêter et se laisser envoûter par toute cette majestueuse grandeur, goûter le subtil délice d'une pointe de vertige, admirer tour à tour l'ensemble et le détail, le ruissellement des eaux et le chant des cascades, les jeux incessants de la lumière et des ombres et aussi l'incomparable variété d'agencements et de coloris de ces masses informes : encorbellements audacieux, arêtes déchiquetées, panneaux craquelés, plissements fantastiques, toute la somptuosité de la pierre et du rocher»

 

Martial Rémond est Né à Manterau en 1882 et mort en 1980 à Saint-Julien-en-Genevois, est un ingénieur agronome qui a administré la commune mixte de la Soummam (1916 à 1926) puis de Fort National (1926 à 1940) avant de rejoindre Alger. Il s'exprimait bien en kabyle.

 

Il quitte l'Algérie en 1948 où il revient à 90 ans, en 1972, pour une dernière visite avant sa mort survenue en mai 1980. En plus des travaux divers dont Un village kabyle et la collecte de 183 proverbes kabyles (1928-1932), Martial Rémond a publié aux éditions Braconnier, Alger, entre autres, Au cœur du pays kabyle (1932), réédité en mai 2001 aux éditions algériennes Zyriad, La Kabylie (1937), Djurdjura, Terre de contraste (1940),

 

Les kabylies (1954). Cette courte biobibliographie nous fait découvrir un homme sensible déchiré entre sa passion d'écrivain enrichissante et sa fonction d'administrateur et représentant du colonialisme appauvrissant.                                                                                                            

 

Le cheikh des Kherrata du Babor

 

Le 7 mai 1856, le cheikh des Kherrata du Babor, le meilleur de nos chefs indigènes dans cette partie de la province, fut assassiné par ses gens ; il avait été invité à une noce où il devait être tué, de telle sorte que sa mort pût nous être présentée comme un accident arrivé dans la fête ; mais une discussion survenue entre lui et quelques individus, à propos d'un vol, fit que les choses ne se passèrent point comme cela avait été projeté. Pendant cette discussion, un coup de fusil fut, devant tout le monde, tiré au cheikh ; on se jeta sur lui, et son cadavre fut horriblement mutilé.

 

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Déjà, depuis quelques mois, plusieurs de nos cheikhs avaient été assassinés dans le Babor; on avait pu croire que ces crimes n'étaient que le résultat de vengeances personnelles. Mais, cette fois, les circonstances n'étaient plus les mêmes ; le cheikh des Kherrata était tomé dans un guet-apens qu'avaient préparé toutes les tribus du Babor. Une prompte punition devait frapper les gens qui nous étaient désignés, comme les chefs du complot. Le colonel Desmarels, commandant la subdivision de Sétif, envoya sur les lieux le chef du bureau arabe avec des goums. Le 10, au soir, cet officier écrivait que les Irzer-ou-Fetis, des Beni-Meraï, sur lesquels il avait cru d'abord pouvoir compter, faisaient cause commune avec les Kherrata et entraînaient avec eux les Menchar, les Beni-Menallah et les Oulad-Salah. Il faisait ressortir, en même temps, l'avantage qu'on retirerait d'une prompte agression exécutée avant que les contingents kabiles aient pu se réunir.

 

A neuf heures du soir, le 10, le bataillon de tirailleurs indigènes de Sétif, fort de trois cent vingt hommes, fut dirigé sur le Babor. Il arrivait, à quatre heures du matin, au point qui lui était désigné.

 

Après avoir pris quelques heures de repos, ce bataillon fut lancé sur le village des marabouts des Kherrata.

 

La mosquée de Sidi-Allia et les maisons furent brûlées, malgré la résistance des Kabiles. Mais, malheureusement, les hommes se laissèrent emporter par leur ardeur ; il fallut perdre beaucoup de temps dans la retraite. Les Ka- biles s'étaient réunis ; ils serrèrent de près les tirailleurs et le goum, qui durent se retirer devant le nombre, toujours croissant, des insurgés, auxquels venaient se joindre des hommes de toutes les tribus du Babor, descendant de la montagne au bruit de la poudre.

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La retraite s'effectua, néanmoins, en assez bon ordre jusqu'au passage de l’oued-Berd ; là, les tirailleurs furent assaillis par diverses (factions des Amoucha, dont on n'avait pas prévu les intentions hostiles. Accablés par le nombre, les tirailleurs ne songent plus qu'à regagner, au plus vite, un territoire ami; mais, dans ce mouvement, ils perdent une centaine d'hommes tués ou disparus.

 

En apprenant la nouvelle de cette échauffourée, à laquelle on était loin de s'attendre en ce moment de tranquillité, le général Maissiat, commandant la province (de Constantine), dirigea immédiatement des troupes sur Sétif, et se rendit lui-même sur les lieux pour empêcher le mouvement insurrectionnel de se propager.

Le 11 mai, à onze heures du matin, avec sept bataillons et la cavalerie, le général, parti de Medjaz-en-Noug, poussait une reconnaissance chez les Khelf-Allah, à cinq kilomètres du camp, ou de nombreux rassemblements s'étaient donné rendez-vous sur le versant du Djebel-Mentanou et au pied du Babor. Arrivé à Aïn-Soultan, le général et son état- major, qui se trouvaient à près d'un kilomètre en avant de la troupe, sont accueillis par une vive fusillade, qui blesse plusieurs hommes de l'escorte. L'ennemi occupe une forte position sur les deux rives de l'Oued-Berd, défendant, d'un côté, les villages des marabouts de Sidi-Rezek-ellah, et, de l'autre, les jardins et les villages d'Aïn-Soultan, en garnissant les crêtes du Djebel-Mentanou. De ces deux positions, il fait un feu croisé sur la tête de colonne qui débouche par la vallée. Le colonel de Margailel est lancé, avec sa brigade, à l'assaut des hauteurs, et il s'en empare en délogeant l'ennemi des cimes du Djebel-Mentanou.

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Pendant ce temps, le colonel Liébert, avec ses tirailleurs, débordait la position de Sidi-Rezek-Allah. Victorieuses sur tous les points, les troupes occupaient d'excellentes positions défensives ; mais l'heure était avancée, et l'ennemi, embusqué à distance, n'attendait que le signal du mouvement de retraite pour talonner nos bommes, qui allaient être obligés de traverser, de nuit, les passages, accidentés et coupés de ravins, les séparant du camp. Le général Maissiat, avec sa vieille expérience de la manière de combattre des Kabiles, jugea à l'instant le danger de cette retraite faite dans l'obscurité ; ne voulant laisser à l'ennemi aucune chance de prendre une revanche, il ordonna aux troupes de bivouaquer sur le terrain même du combat. Les Kabiles, mystifiés par celte tactique, à laquelle ils ne s'attendaient pas, car ils nous voyaient sans tentes et sans vivres pour la nuit, n'osaient plus tirer un seul coup de fusil sur nos lignes de défense.

 

Vers le milieu le la nuit, un convoi de ravitaillement arriva du camp aux troupes engagées, et, le lendemain matin, le camp lui-même venait rejoindre et s'établissait autour d'Aïn-Soultan.

 

L'inaction des Kabiles dura quarante-huit heures ; le 2 juin, vers midi, ils se montrèrent tout à coup devant les grand'gardes, au sommet du Mentanou, qu'ils attaquèrent avec acharnement. La veille, deux bataillons du

 

61e zouaves, revenant de Crimée, avaient rejoint la colonne. Cette troupe, pleine d'ardeur, ne demandait qu'à être lancée en avant à la première occasion ;

 

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Le général lui fit franchir la montagne, et les Kabiles, coupés ainsi de leur ligne de retraite, éprouvèrent des pertes telles, que, le lendemain, des offres de soumission arrivaient de tous côtés. Plusieurs villages, entre autres, celui de Taguerboust, avaient été détruits, et nos tirailleurs avaient escaladé les contreforts du Babor, chassant devant eux et dispersant les contingents ennemis.

 

Quelques jours après, le général Maissiat portait son camp à Sidi-Talloul, au sommet de la montagne, et employait immédiatement toutes ses troupes à ouvrir des routes stratégiques. Le meilleur moyen de dominer ces populations indociles était, en effet, de rendre leurs montagnes abruptes accessibles de tous côtés, et de démontrer qu'à la moindre velléité de révolte de leur part, il nous serait facile, à l'avenir, de nous porter rapidement et sans difficultés au cœur même du pays. Sous la direction de l'infatigable colonel du génie Breton, des voies de communications étaient tracées sur les crêtes les plus escarpées el les pentes les plus raides, où, jusque-là, les chèvres seules avaient pu parvenir. Au bout de quelques jours, les cavaliers pouvaient suivre, au trot de leurs chevaux, un chemin de deux mètres de large, qui, de l’Oued-Berd (Sidi-Merouan), s'élevait en lacets jusqu'à

 

Sidi-Talloul et à Bou-Medernis, longeait le vaste col qui sépare la croupe du Babor de l'arête du Tababort, et allait descendre sur le versant Est de la chaîne de montagnes, vers Drâ-el-Gotran.

Pendant l'exécution de ces travaux si utiles, quelques fractions récalcitrantes, telles que les Beni-Dracen, les Oulad-Aïad, les Beni-Salah et autres, osèrent inquiéter nos chantiers; le châtiment infligé à leurs villages ne

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se fit pas attendre, et reconnaissant enfin leur impuissance, tous les montagnards demandèrent à se soumettre.

 

C'est alors que, pour surveiller de plus près l'attitude des gens de ce pays, si souvent indociles, fut décidée la création d'un poste avancé au pied du Babor. Le choix balança un instant entre l'emplacement de Drà-el-Kaïd et celui de Takitount; le dernier fui désigné, el la construction du fortin poussée avec activité.

 

En quittant la région du Babor, le général Maissiat continua l'œuvre, éminemment utile, qu'il avait si bien commencée. Partant de ce système pratique, qu'un pays n'est réellement maintenu dans la soumission qu'autant qu'il est accessible et pénétrable, il porta toutes ses troupes sur la ligne de Sétif à Gigeli, qu'il voulait relier par une bonne route muletière. Ce travail fut poussé avec activité; le reste de la province jouissait, à cette époque, d'une tranquillité parfaite. On put y employer toutes les troupes disponibles. Des travaux d'art nombreux, aux abords des ravins, un pont jeté sur l'Oued-Missn, étaient déjà en voie d'exécution, quand le général Maissiat, toujours campé au milieu de ses troupes, reçut, en 1857, l'ordre de se diriger avec elles vers le Jurjura, pour appuyer les opérations de maréchal Randon dans cette partie de la Kabilie. Les troupes de la division de Constantine passèrent par la crête du Drà-el-Aib pour aller camper à Akbou, auprès du bordj de Ben-Ali-Cherif

 

Le 17 juin, après un rude combat, elles s'emparaient du col de Chellala, ou de nombreux contingents des Zouaoua étaient rassemblés. Cette diversion active du général Maissiat contribua puissamment à diviser les forces de l'ennemi et facilita les opérations des colonnes sous les ordres directs du gouverneur.

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On sait que cette campagne, pendant laquelle fut créé, au cœur du pays des Zouaoua, le poste de Fort-Napoléon, eut pour résultat la soumission définitive des tribus du Jurjura.

 

CHABET EL-AKRA

On donne le nom de Chabet el-Akra (ravin de la mort) à une gorge superbe de la chaine des Babor par laquelle s'écoulent les eaux de l'oued Agrioun. Le défilé, entre la ferme de Karrata en amont et le bordj du Caid en aval, à 10 km de long ; il est bordé de murailles de 1700 à 1800 mètres de haut, rochers à pic de l'aspect le plus grandiose, dont les sommets sont boisés et si rapprochés que le soleil n'y pénètre qu'à l'heure de midi.

 

Cette région est certainement une des plus belles de l’Algérie ; par sa végétation, par son climat, par ses beautés alpestres, elle rappelle certaines montagnes du centre de l'Europe.

 

GUSTAVE-LÉON NIOX,

GÉOGRAPHIE MILITAIRE VI ALGÉRIE et Tunisie Par le Colonel NIOX 2ème édition avec UNE GRANDE CARTE DU SAHARA (252Ko) AU 1/12.000.000e et Croquis dans le texte. PARIS LIBRAIRIE MILITAIRE DE L. BAUDOIN et Cie IMPRIMEURS-ÉDITEURS 30, Rue et Passage Dauphine, 30 1890 Tous droits réservés.

 

GUSTAVE-LÉON NIOX Tome 6 PREMIERE EDITION : Algérie et Tunisie, Baudouin, 1884, 423 p. Algérie et Tunisie, 1890 (2e édition), 437 p. Commandant Niox, Algérie, géographie physique, Paris, Baudouin,

                The country is so grand that I can find no words in which adequately to describe it… When within 50 kilometers of Bougie we entered the Gorge de Chabet-el-Akra, and enjoyed the finest road and most beautiful scenery I have ever seen since I began automobiling… A very narrow, winding road runs along the foot of the gorge; the precipitous walls towered several thousand feet above us, while below rushed the turbulent river. As we passed by, cascades falling from the tops of the cliffs at various points covered us with spray. Though the passage through the mountain at this point is only seven kilometers long, its beautiful scenery and unique formation make it well worth the entire trip from the United States to Africa to see.

 

          …Le pays est si grandiose que je ne trouve pas les mots par lesquels le décrire adéquatement ...

 

…à 50 kilomètres de Bougie, nous pénétrons les gorges du Chabet-el-Akra, pour enfin apprécier la meilleure route et les plus beaux paysages que j'aie jamais vus depuis que j’ai commencé à sillonner le monde en automobile...

 

…Une très étroite et sinueuse route longeait le pied de la gorge, les murailles en précipice s’élançaient en tours géantes à plusieurs milliers de pieds au-dessus de nous, tandis qu'au fond se ruait la turbulente rivière. Du haut des falaises, déferlaient en divers points sur notre passage, des cascades bruyantes qui nous couvraient de brume épaisse. Bien qu’à ce point le passage à travers la montagne ne fût que de sept kilomètres de long, ses beaux paysages et ses formations uniques méritent à eux seuls la totalité du voyage des États-Unis à l'Afrique.

 

W. K. Vanderbilt, Jr. (Comme qui dirait le Richard Bronson de l’époque…)

 

"A trip through Italy, Sicily, Tunisia, Algeria and southern France" (Through Italy Sicily Tunisia and Algeria by motor) W. K. VANDERBILT, Jr. NEW YORK PRIVATELY PRINTED 1918 Copyright, 1918 By W. K. Vanderbilt, Jr.

 

par Mouloud Zekkar

 

 

 

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