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RAMADHAN A TIZI WER

ramadhan a melbou

 

SOIREE RAMADHANESQUE A TIZI WER

Il était 20 heures passées ; quelque 25 minutes se sont écoulées depuis l'appel du muezzin à la rupture du jeûne. Le village de Tizi War, une localité de la commune de Melbou, venait à peine de se remettre d'une léthargie dans laquelle il était plongé la journée durant, une journée caniculaire s'entend, en ce début du mois d'août. Le jeûne rompu, place à l'agitation nocturne, qui va durer jusqu'à une heure du matin à peu près. Les gens, qui sortent des maisonnettes, se déversent dans l'artère principale, qui traverse le village. Comme il s'agit essentiellement de la junte masculine, c'est en premier les cafés qui sont pris d'assaut. Cris et rires fusent de partout.

Les gens retrouvent la parole et le sourire. Ils semblent subitement se réveiller d'une longue... journée de sommeil. Si pour certains, ce sont les palabres autour d'une tasse de café, pour d'autres, c'est la course pour réserver une table pour une partie de dominos. Le jeu étant un passe-temps favori pour beaucoup dans la localité, dans le premier quart d'heure qui suit la rupture du jeûne, toutes les tables sont déjà occupées.

À l'intérieur des cafés, les cris stridents des joueurs le disputent aux bruits des pièces qui s'écrasent sur les tables, pendant une bonne partie de la nuit. Au fur et à mesure que le temps passe, l'artère principale, lieu de rencontres, se remplit.

Aux abords, quelques baraques de fortune érigées çà et là font office de salles de jeux pour badauds pour les unes, et de petites gargotes pour les autres. Ici, comme dans beaucoup de villages, le Ramadhan est le mois du négoce et on ne s'encombre pas de la nécessité d'avoir une autorisation des autorités pour l'exercer.

L'appel du muezzin viendra disperser un peu les groupuscules de gens qui se sont formés depuis l'heure de la 'délivrance". Pour certains, ce sera la ruée vers la mosquée pour accomplir la prière des Tharawih. Pour d'autres, il faut chercher de quoi meubler le reste de la soirée. Et le loto, un autre jeu de société très prisé, fera l'affaire. D'ailleurs, dans le local aménagé à cet effet, toutes les tables sont occupées dès les premières heures de la soirée et une atmosphère bon enfant règne.

Agrippés à leurs cartons, les joueurs écoutent les numéros annoncés dans un silence religieux. Un silence qui contraste avec la voix de l'imam qui émane du haut-parleur de la mosquée. Dans ce village, pour ceux qui ne sont pas attirés par les jeux de société, ou ne fréquentent pas la mosquée, c'est l'ennui qui prend place.

Et pour cause, les loisirs manquent cruellement dans la localité. Pour une soirée animée, il faut se rendre au chef-lieu de Béjaïa, à une quarantaine de kilomètres, et le transport fait défaut. Les cybercafés n'existent pas. Ceux qui étaient ouverts, il y a quelques années, ont fermé. Leurs propriétaires ont vite déchanté à cause de la lourdeur des charges et du faible débit. Le cinéma et le théâtre font partie d'une autre époque et la Maison de jeunes réalisée depuis près de deux ans n'a toujours pas ouvert ses portes en raison de l'absence des équipements.

Une multitude de raisons qui fait que certains n'ont d'autre choix que de dormir ou de s'égarer dans des palabres interminables jusqu'à une heure tardive de la nuit. La nuit s'étire difficilement.

C'est vers minuit que la rue se vide progressivement et que les premiers rideaux baissent. Des jeunes se laissent aller à des nuits blanches en sachant que le lendemain sera un jour de sommeil.

 

 

HAKIM KEBIR

LIBERTE-ALGERIE

 

 

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