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NORA AT BRAHIM : ENTRETIEN

NORA AT  BRAHIM 

INTERVIEW

L'Observateur . Si Nora AI Brahim devait se présenter elle-même, elle le ferait comment ?

Nora At Brahim : Je le ferai très mal, car si c'est pour me vendre, je ne saurais pas le faire.

 

L'Observateur: Si l'on vous présentait comme une chanteuse kabyle à la voix chaude et claire, qui allie subtilement la tradition à un discours moderne ?

Nora At Brahim : J'en serais ravie, et stimulée, car j'essaie d'être tout cela à la fois, et cela signifierait que le message passe, ce qui me rassure.

Ce message, c'est celui de tenir à mes traditions, de les valoriser et les faire connaître, de replonger dans mes sources sans pour autant être conservatrice, et d'adapter tout cela à l'actualité, au goût du, jour et aussi à ma personne... Je tiens aux traditions que j'essaie d'approfondir, mais je suis un produit d'une modernité incontournable.

 

L'Observateur: Quand on vous écoute, vous nous entraînez dans un environnement kabyle caractérisé par une tristesse et une joie mêlées.

Nora At Brahim : C'est vrai, je suis les deux en même temps. D'un fond un peu triste, les textes que j'écris expriment cette sensibilité. Pour moi, je suis poète et non-compositeur. J'écris avec mes tripes. Je suis aussi une personne ayant tendance à être gaie, j'aime ce qui est agréable.

 

La vie de tous les jours est un peu triste, mais les fêtes en Kabylie sont fantastiques. Lorsque je rêve d'un village de Kabylie, tout le village est en fête.

 

 

Dans les cités, les immeubles, ici en France ou en Algérie, quand il y a une fête, seules la famille et ses invités en profitent. Tout l'immeuble n'est pas en fête. Des gens peuvent se retrouver seuls et souffrir à en mourir. Ceci n'existe pas en Kabylie, et j'ai la nostalgie de cet aspect de la vie dans cette région.

Quand il y a une fête au village, personne n'est oublié ;on rend visite à qui ne peuvent se déplacer, on leur amène leurs parts, etc. Je trouve cependant que ce sont des choses qui, peu à peu, se perdent, et que pour que tout le monde puisse jouir d'un moment agréable de la vie, j'espère qu'elles se maintiendront le plus longtemps possible.

J'aime le chant, la danse et je suis touchée par ce que j'observe, et quand j'ai mal, j'ai mal !

Donc, ma démarche, c'est d'être fidèle à moi-même, d'être honnête avec moi-même, je n'ai pas envie de raconter des choses pour plaire à un public, de faire ce qui ne me ressemble pas.

Je ne suis pas conservatrice, je suis authentique et dans la modernité. Je tiens à certaines valeurs anciennes et je suis très attentive à l'évolution dans tous les domaines, de tout le monde et de tous les jours.

 

L'Observateur : C'est, sans doute, ce que vous voulez illustrer par des chansons sur Tiwizi (la solidarité) et Azetta (le métier à tisser) ? Dans ces chansons, vous appelez les gens à se dépêcher. Vous donnez l'impression de craindre de perdre quelque chose. Et Azetta, n'est-il pas symbolique des liens que les gens doivent tisser entre eux ?

Nora At Brahim : La vision que j'ai de la solidarité rejoint un peu la philosophie de la vie L'union ne fait-elle pas la force ? Je milite pour la solidarité entre les gens. Ce qui m'a impressionnée en Kabylie, c'est que lorsque quelqu'un décide par exemple de monter Azetta, de faire le fourrage etc., il suffit qu'il en parle pour que tous se passent le mot et soient présents le jour convenu. Je trouve cela fabuleux et c'est un schéma qu'on ne peut plus reproduire de façon délibérée.

 

L'Observateur: Cette chanson est prévue dans le programme de vos prochains spectacles. Est-ce un appel à tous les Algériens riens pour se dépêcher de se retrouver en ces temps difficiles ?

Nora At Brahim : Je ne suis pas un personnage qui prétend détenir une vérité, cependant, en ce qui me concerne, j'ai mal et j'ai la certitude qu'il n'y a pas d'autre solution que celle de faire vite de se donner la main, vite de s'écouter, vite d'ouvrir les yeux.

 

 

L'Observateur: Vous faites référence dans une de vos chansons aux racines (Izuran). Nora At Brahim est-elle à la recherche de son identité ?

Nora At Brahim : De façon spontanée, je dirai que je ne suis pas à la recherche d'une identité. Je n'ai pas de problème d'identité. J'estime que je connais mon identité et que je l'assume.

Mon identité c'est un mélange,- c'est le produit d'une histoire, d'une culture, d'une éducation. J'ai en la chance de réfléchir là-dessus et de comprendre le pourquoi et le comment, des, choses, et pas seulement les vivre.

Les problèmes auxquels je me heurte dans ma société, ma famille, mon entourage, je sais les mettre sur la table, les démêler et y voir clair. Ainsi, je les assume mieux et je suis bien dans ma peau.

Cependant, je vis dans une société qui se cherche et je ne peux pas ne pas me sentir concernée par cette recherche. De plus, le mot " chercher " me gêne. Il y a une identité qu'on ne choisit pas d'ailleurs, elle est là, il s'agit de l'asseoir.

Il y a des gens qui pensent être les dépositaires d'une identité, d'une culture et qui veulent l'adapter, la manipuler, la fabriquer, la refabriquer, lui donner une image...

 

 

Encore une fois, il faut analyser toute chose, prendre ce qui est bon et rejeter ce qui ne l'est pas. C'est une règle du jeu qu'il faut accepter.

 

 

images de nora ath brahim

 

image de nora ath brahim

صورة نورة ايت براهيم

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