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MATOUB LOUNES "RIEN NE M'ARRETERA"

entretien avec Matoub lounés

 

Matoub au Zénith,

 Matoub sort un livre chez Stock,

 Matoub dans les médias…

c'est la grande rentrée ou une revanche sur le sort ?

C'est le fruit d'un travail entamé depuis longtemps, ainsi que le résultat d'une année de souffrance.

 

Oui, mais l'artiste ? 

C'est bien entendu avant tout le retour d'un artiste qui a été absent pendant huit ans des scènes parisiennes.

 Quant au sort, je considère qu'à peu de choses près, il m'a servi. Les tragédies que j'ai vécues ont rehaussé l'estime que mon public avait pour moi.

 

N'êtes-vous pas parfois excédé que votre public vous confine dans un rôle de guide, de chantre plutôt que d'artiste ?

 

Il faut faire la part des choses. Les gens ont le choix de se retrouver dans mon combat,

donc dans mes textes. Cela ne me gêne pas même si cela me prend beaucoup de temps de devoir répondre à cette attente à travers les médias.

 

Démocratie et identité sont votre credo. C'est quoi le problème identitaire en Algérie ?

Ma langue - le berbère - est opprimée, bâillonnée. Aujourd'hui, des centaines d'écoles sont fermées,

boycottées par 700 000 enfants. Il faut que Tamazight (le berbère), ma langue, la langue de tous les Algériens,

 soit reconnue comme langue officielle et nationale. Mon combat pour cette question est essentiel et je le mène depuis le début de ma carrière.

 

Le fait d'avoir été séquestré pendant quinze jours par le GIA, c'est-à-dire par des intégristes déterminés,

 vous a-t-il donné une idée de la société qu'ils préconisent ? 

Une catastrophe ! L'Etat islamique, c'est la mort. Une expérience qu'un pays de liberté et de résistance

comme le mien ne doit absolument pas faire. L'Algérie a subi une multitude d'invasions, de conquêtes mais

elle a toujours su et pu y faire face. Je voudrais que mon pays vive dans le pluralisme, la liberté, le respect de l'autre, la diversité.

Leur projet s'arrête au Coran et la Sunna. Toute personne qui se dresserait contre ces écrits sera exécutée.

Dans leurs têtes, tout cela est bien clair, entendu, évident.

 

Restez-vous, malgré tout, optimiste quant à l'avenir du pays ?

 

Heureusement…Il y a des femmes et des hommes qui se battent pour la liberté. A leur instar,

 je ne capitule pas. Seule la mort arrêtera mes mots.

 

Pour le reste, que dire ? 

Je ne suis pas devin, un artiste est un visionnaire qui peut se tromper mais je demeure convaincu que

 la démocratie et la vérité triompheront. Nous reviendrons alors dans le concert des nations.

 

Etes-vous en France parce que vous avez décidé de vous exiler ?

 

Pas du tout ! Je suis en France pour mon travail. Rester ici, pas question ! Je retournerai bientôt chez moi et

 je continuerai à y vivre comme je l'ai toujours fait.

 

 

Propos recueillis par

 Meziane Ourad

 

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