echange de lien $(document).ready(function(){ accordeong(); chargementmenu(); });

J.S.K : EMOTIONS DES CAPITAINES EN COUPES D'ALGERIE

 

jeunesse sportive de kabylie (J.S.K)

5 Coupes, 5 présidents algeriens , 5 discours

 

Rial : «Bouteflika m’a dit plusieurs phrases, mais l’émotion m’a rendu sourd»

La JS Kabylie s’est vu remettre 5 Coupes d’Algérie par 5 présidents de la République différents. On imagine que l’approche a été différente avec chaque président, suivant le contexte de chaque époque et la personnalité de chacun d’eux. Nous avons demandé aux capitaines des équipes ayant remporté le trophée de nous relater le moment de la remise du trophée et l’échange qu’il y a eu avec le premier magistrat du pays (devant l’impossibilité de contacter Rachid Adane, capitaine de la JSK en 1994, nous avons recueilli le témoignage de Hadj Adlane, buteur de cette finale).

1977 : JSK 2 - NAHD 1


Iboud : «Boumediène avait été tellement insulté que j’avais
 la trouille»
En 1977, l’Algérie vivait un contexte politique particulier. Le pouvoir, qui s’appuyait sur le parti unique, marginalisait la revendication amazighe portée par des pans de la société algérienne, notamment en Kabylie. Du coup, la JSK, dont on avait transformé le «K» de Kabylie en Kawakibi, se trouvait l’un des seuls et rares supports publics de la revendication identitaire amazighe de la région. La finale de la Coupe d’Algérie, qui avait opposé la JSK au NAHD au stade du 
5-Juillet en présence du président de la République de l’époque, le défunt Houari Boumediène, était, pour les milliers de supporters du club kabyle ayant fait le déplacement au stade, une occasion trop belle pour faire entendre sa colère au pouvoir de l’époque, incarné par le président. Le capitaine de la JSK lors de cette finale, Miloud Iboud, s’en souvient parfaitement : «Je ne vous cache pas qu’après notre victoire dans ce match et, au moment de monter à la tribune présidentielle pour recevoir la coupe, j’avais la trouille. Le président Boumediène s’était fait copieusement insulter durant tout le match, lui qui avait l’habitude des honneurs et des clameurs. De plus, tous les symboles du régime, à travers le fameux Conseil de la Révolution, étaient présents au stade. J’appréhendais le moment où 
j’allais être face au président.»

«On m’a dit : ‘‘Tu avances ta main, mais pas ta joue’’» 
Au bas de la tribune officielle, sa peur s’est accrue d’un cran. En effet, un membre du service du protocole présidentiel s’est avancé vers lui en lui tendant une serviette. «Il avait le visage tendu. Il s’est contenté de me dire : ‘‘Essuie-toi bien les mains et le visage avant de monter. Quand tu seras face au président, tu avances ta main, mais pas ta joue. Peut-être qu’il ne voudra pas te faire la bise.’’» Après que ses coéquipiers eurent serré sobrement la main de Houari Boumediène, Iboud a vu son tour arriver en dernier, en sa qualité de capitaine d’équipe. «Comme on me l’a recommandé, j’ai tendu ma main, mais j’ai été surpris de voir Boumediène m’attirer vers lui et me faire la bise en me donnant l’accolade. ‘‘Mabrouk aalikoum’’, s’est-il contenté de nous dire. Finalement, ça s’était passé mieux que ce à quoi je m’attendais.»



1992 : JSK 1 – ASO chlef  0


Amara : «Boudiaf m’a répété : ‘‘L’avenir, c’est les jeunes’’»
La Coupe d’Algérie de 1992 restera unique dans l’histoire de l’Algérie. Non pas parce que qu’elle s’était caractérisée par un niveau technique extraordinaire, mais c’est surtout en raison du fait qu’il s’agit de la seule compétition sportive nationale qui a vu la présence du défunt président Mohamed Boudiaf, de surcroît quelques jours seulement avant son assassinat. Cela confère à l’événement
 
-puisque c’en est devenu un- un cachet particulier. La finale de cette édition-là avait été animée par la JSK et l’ASO Chlef à Oran, après une longue polémique sur sa domiciliation (dans un premier temps, la JSK avait refusé de jouer à Oran, estimant que c’était risqué pour ses supporters de rallier cette ville sachant que Chlef se trouve sur l’itinéraire) et a été remportée par les Kabyles grâce à un but signé Hakim Amaouche. Mourad Amara, capitaine de l’époque, n’oubliera jamais le moment où il est monté à la tribune recevoir le trophée : «Ce titre était un tournant pour la JSK à plusieurs égards. Il couronnait la fin d’un cycle, puisque Boussad Benkaci, Allah yerrahmou, avait quitté la présidence du club quelques mois auparavant. Pour moi, il s’agissait du dernier match de ma carrière. C’était émouvant de terminer ma carrière sur un trophée remis par un président comme feu Mohamed Boudiaf dont le nom est lié à la Révolution nationale.»

«C’était beau comme fin de carrière» 
A son grand bonheur, Boudiaf ne l’a déçu ni dans le fond ni dans la forme. «Il m’a félicité pour le trophée en insistant beaucoup sur le fait que l’avenir de l’Algérie appartenait à ses jeunes dans tous les domaines, entre autres dans le domaine du sport. Je me rappelle qu’il nous a beaucoup parlé, mais un vocable revenait toujours dans ses propos : la jeunesse. Ça m’avait ému qu’un vieux dirigeant politique comme lui accorde autant d’attention aux jeunes et à leur avenir.» Aujourd’hui, ce souvenir est incarné par une photo qui orne l’un des murs de la maison de Mourad Amara. «J’ai eu une carrière footballistique riche et elle a été couronnée par un trophée que j’ai reçu des mains d’un homme exemplaire. J’en suis encore à ce jour très fier.»



1994 : JSK 1 - ASAM 0 (ap)


Hadj : «Zeroual a été sobre et courtois»
En 1994, la JSK avait raté de peu le titre de champion suite à une combinaison de goal-average aussi compliquée que suspecte qui avait été à l’avantage de l’US Chaouia. Quelques jours après, elle disputait la finale de la Coupe d’Algérie contre l’AS Aïn M’lila, sous le regard de Liamine Zeroual, qui avait pris quelques mois auparavant les fonctions de président de l’Etat. Au terme d’un match haletant, joué sous un vent tournant qui a ostensiblement gêné la trajectoire du ballon, les Kabyles l’ont emporté grâce à un but  -litigieux, il faut le reconnaître- inscrit par Hadj Adlane durant les prolongations. Lors de la cérémonie de remise du trophée, Zeroual a été fidèle à l’image qu’il a toujours donnée de lui. «En vérité, il ne nous a rien dit de spécial. Il s’est contenté de nous féliciter avec sobriété et courtoisie, affichant le sourire, tout en nous souhaitant d’autres succès», se souvient le buteur du match.

«Seul Bouteflika parle spontanément»
 
Quand il évoque l’épreuve populaire, Hadj Adlane sait de quoi il parle : il a remporté la Coupe d’Algérie à 6 reprises (4 fois avec l’USMA et 2 fois avec la JSK). Les cérémonies de remise, il en connaît un bout. «En général, il n’y a rien d’extraordinaire qui se dit entre les joueurs et le président de la République. Pour schématiser, le président félicite les vainqueurs et souhaite bonne chance aux vaincus. Compte tenu de l’aspect protocolaire de la situation, les joueurs n’osent pas aborder le président. Cependant, je dois dire que Abdelaziz Bouteflika constitue une exception. C’est le seul avec qui on peut engager un brin de causette tout en étant certain qu’il réponde spontanément», atteste-t-il.



1986 : JSK 1 – WKF Collo  0


Fergani : «Bendjedid nous a remerciés pour avoir honoré l’Algérie»
S’il y avait une équipe de la JSK qui écrasait tout sur son passage, c’est bien celle de 1986. Non contente d’avoir été sacrée championne avec 18 points d’avance sur son dauphin (un record national), elle s’est même permise le doublé en remportant la Coupe d’Algérie la même année face au WKF Collo. C’est donc en toute logique que le président Chadli Bendjedid a remis le trophée à l’équipe kabyle, emmenée par son capitaine Ali Fergani. Pour l’occasion, le président a montré qu’il était un amateur de football. «M. Bendjedid nous a félicités pour notre victoire qu’il a dit être méritée, mais il n’a pas manqué l’occasion de nous remercier pour avoir honoré l’Algérie comme il se doit sur la scène africaine. Cela démontre qu’il suivait bien notre parcours», se remémore Fergani qui, en l’occasion, avait remis au président de la République un fanion de la JSK, «un geste qui entrait dans les traditions du club».

«Mon but était celui des 52 !»
Pourtant, la victoire a été longue à se dessiner, la faute à un gardien de but de Collo en étant de grâce. Alors que l’on se dirigeait vers la séance des tirs au but, le salut est venu des «vieux» : Salah Larbès a adressé un centre millimétré sur la tête de Ali Fergani qui est parvenu à délivrer ses coéquipiers et ses supporters d’un superbe heading. «Je ne dirais pas que c’est le but des «vieux», mais plutôt le but des 52, car Salah et moi sommes nés en 1952.» 34 ans, un bel âge pour être décisif…



2011 : JSK 1 - USMH 0


Rial : «Bouteflika m’a dit plusieurs phrases, mais l’émotion m’a rendu sourd»

Rial n’en revient pas encore : alors qu’il y a quelques années seulement, il évoluait encore anonymement dans les divisions inférieures, il vient de recevoir des mains du président de la République la Coupe d’Algérie, le premier trophée de sa carrière, quelques mois après avoir déjà réalisé un premier rêve en participant à des phases avancées de la Ligue des champions africaine. L’événement continue encore à le bouleverser. «M. Bouteflika m’a dit plusieurs phrases, mais je n’en ai retenu qu’une seule : «Mabrouk aalikoum.» Du fait du bruit qui régnait au stade et de la forte émotion qui m’a rendu sourd, je n’ai pas retenu le reste», reconnaît-il. Ses yeux étaient rivés sur un seul objet : la coupe tant convoitée. «Cela dit, j’ai retenu chez le président une grande chaleur à l’égard de tous les joueurs. Il a dit un mot à chacun et a posé avec tout le monde pour des photos souvenirs. Cette humilité est tout à son honneur.»

 

 

Source le buteur

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site